www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 54

Vous êtes actuellement : Débuts de carrière (M1, M2, PES...) 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
21 juin 2021

Réforme de la formation initiale : où va l’école ?

La réforme de la formation initiale est déjà bien engagée et sera mise en place dès la rentrée. Son contenu a de quoi inquiéter sur l’avenir du métier enseignant. Retrouvez ici les dernières informations.

Prévue par la loi Blanquer, le ministère travaille depuis de nombreux mois à une réforme de la formation initiale qui vienne s’intégrer parfaitement au projet du ministre pour l’Ecole : économiser des moyens, centrer les contenus de formation sur les fondamentaux, former des enseignant·es disposé·es à appliquer les consignes ministérielles plutôt que concepteur·trices.

Il faut nous préparer au recours toujours plus important aux contractuel·les, en cohérence avec la loi de transformation de la Fonction Publique.

Une vision de l’école à l’opposé de ce que porte le SNUipp-FSU. Tout au long de ce travail d’élaboration, le ministère a réuni les organisations syndicales autour de groupes de travail afin de leur présenter l’avancée du chantier et donner l’impression d’écouter leurs remarques et propositions. Ce simulacre de concertation a de plus en plus de mal à tenir et le dernier groupe de travail a vu la FSU, la CGT et le SNALC claquer la porte tant pour montrer leur désaccord sur le fond que sur la forme (envoi des documents de travail la veille, textes qui revenaient totalement sur les points d’accord de la séance précédente…)

Qu’est-ce que ça change pour les futur·es enseignant·es ?

- Le passage du concours (et donc l’entrée dans le métier) repoussé d’un an : à la fin de la 2ème année de master. Comment démocratiser l’accès au métier et résoudre le manque d’attractivité vers les métiers enseignants dans de telles conditions ?

- Ajout d’une épreuve orale sous la forme d’un entretien professionnel, avec toute la subjectivité inhérente à une telle épreuve (on n’est pas loin de l’entretien de motivation…)

- Une formation dégradée sous prétexte d’une préprofessionnalisation… :

1- Des étudiant·es en contrat d’AED « prépro » (assistant·es d’éducation) de 8h/semaine dès la 2ème année de licence et jusqu’au M2 MEEF (en responsabilité de classe dès le master).

2- Des étudiant·es en master alternant (contrat de 12 mois à1/3 temps en classe pendant le master MEEF) avec une rémunération moindre, 722€net/mois.

3- Le PPPE (parcours préparatoire au professorat des écoles) : cette formation serait une sorte de modèle hybride avec un enseignement généraliste en lycée, des cours en université et des stages en milieu éducatif … (projet présenté en octobre pour une mise en place dès la rentrée prochaine !).

- Des stagiaires (PES) utilisé·es à temps plein en classe, s’ils et elles ont suivi le master MEEF, avec ou sans alternance,

- … ou bien encore des stagiaires qui n’auront pas suivi le master MEEF et qui vont se retrouver à mi-temps en formation, ce qui n’améliorera en rien la situation actuelle.

- Quid des étudiant·es en master MEEF qui échoueront au concours en fin de M2 ? Peu de débouchés… si ce n’est celui de constituer un vivier de contractuel·les idéal !

Cette année sera une transition puisque nous retrouverons à la fois lauréat.es du CRPE 2021 qui seront (les dernier.ères) EFS ancienne version et les nouveaux et nouvelles M2 contractuel.les ou M2 en observation.

Dans le 54 pour l’année 2021/2022, ce sont 36 M2 (EPR) qui seront contractuel.les dès la rentrée avec un salaire de 865 euros brut par mois. Notons qu’ils.elles seront à priori exclu.es de la prime d’entrée en activité après leur titularisation. Ils et elles seront présent.es dans les écoles 1 jour par semaine puis 3 fois 1 semaine durant l’année. Pour ce faire, ce sont 12 postes de remplaçant.es bloqués au en plein mouvement dans le 54 ! Ces étudiant.es seront donc en responsabilité totale, suivi.es par des tuteurs.trices de terrain EMF, CPC ou DEA et INSPE. Le rectorat promet pour cela une prime de 600 euros aux tuteurs et tutrices ainsi qu’un accompagnement spécifique et des documents pour les aider à dans le suivi de ces contractuel.les.

Ces étudiant.es sont en cours de recrutement, la DSDEN a reçu de nombreuses demandes car ce statut a, sur le papier, de quoi séduire pour des étudiant.es en souffrance. Malheureusement, ils et elles ne disposent que de très peu d’informations à ce sujet. Pour les autres M2 (EPA), ils auront des stages d’observation de plusieurs semaines durant l’année (Les MAT seront surement mis.es à contribution) et ne seront pas rémunéré.es.

Cette réforme soit disant plus « professionnalisante » est un levier de plus pour compenser les manques de moyen dont nous souffrons. A l’heure où la hiérarchie n’a pas honte de faire appel à des contractuel.les non formé.es et sous payé.es, aux rétraité.es ou bien d’envoyer les EFS en remplacement après une année plus que difficile, voilà maintenant ces petites habitudes gravées dans la roche avec cette nouvelle formation. Nous continuons de dénoncer fortement cette réforme et de nous battre pour une formation ambitieuse, à la hauteur de nos besoins et de nos valeurs !

 

45 visiteurs en ce moment

*Top 51 rue de Metz
54000 NANCY
Tel : 03.83.95.12.02
Mail : snu54@snuipp.fr
Facebook : Snuipp.meurtheetmoselle
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 54, tous droits réservés.