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26 avril 2021

Reprise des écoles, le SNUipp en partie entendu

Cette reprise le 26 avril se fait donc avec quelques nouvelles mesures plus protectrices et correspondant aux revendications que nous avons portées au nom de la profession. Détail des mesures ici.

Il aura fallu une fois de plus attendre le dernier moment (23 avril après-midi) pour avoir les consignes actualisées pour la reprise, mais nous y sommes désormais malheureusement habitué·es.

Heureusement, certaines de nos revendications ont enfin été entendues :

- fermeture d’une classe dès le premier cas COVID positif détecté dans une classe.

Nous le réclamions depuis longtemps, car bien évidemment, il est indispensable de bloquer la contamination à l’école le plus tôt possible. Or, les assouplissements de protocoles depuis l’automne (avec le passage à 3 cas pour fermer puis ses variantes) n’avaient fait qu’amplifier les difficultés et sans doute joué un rôle non négligeable dans les hausses du nombre de cas en école.

Nous demandions également que ces fermetures soient indépendantes du type de variant. En effet, les opérations de criblage nécessaires pour détecter une forme variante ne faisaient que prolonger le délai avant lequel une classe pouvait être fermée. c’est "tout de suite" qu’il faut prendre le problème, pour éviter qu’il ne s’étende et fasse courir des risques à de plus en plus d’élèves, de familles et de personnels.

La fermeture de classe doit être réalisée “dans les meilleurs délais et au plus tard le lendemain pour une durée de 7 jours”.

Tout·es les élèves de la classe sont considéré·es comme cas contact. Pour les personnels, ou des élèves d’autres classes qui auraient pu être en contact, c’est le "contact-tracing" réalisé par le Médecin Conseiller Technique départemental qui détermine s’ils et elles doivent ou non être isolé·es également. Un "suivi à distance" doit être évidemment réalisé (pas par un personnel malade, évidemment).

A noter, dans ce même ordre d’idée (qui considère en gros que les supers masques de l’Education Nationale nous protègent forcément) : l’apparition d’un cas confirmé parmi les personnels n’implique pas automatiquement la fermeture de la classe. Là encore, c’est le Médecin Conseil qui décide.

Enfin, très important, dès qu’un.e directeur.trice est informé.e d’un cas positif dans l’école : “il procède à l’identification des personnes susceptibles d’être contacts à risque selon les modalités indiquées ci-avant et le cas échéant à la fermeture de la classe. Il informe immédiatement les personnels et les responsables légaux des élèves concernés. A titre conservatoire ces élèves et ces personnels ne doivent pas revenir dans l’établissement.”

- pas de répartition des élèves dans les autres classes en cas d’absence d’enseignant.e non remplacé.e.

Encore une exigence de longue date, et une vraie victoire suite à notre campagne syndicale (lancée juste avant le confinement) où nous appelions les écoles à ne plus accepter de brasser les élèves des classes non remplacées (en gros, nous proposions de prendre nous-mêmes la responsabilité que les autorités se refusaient à assumer... mais bon, il faut ce qu’il faut).

Désormais, ce protocole réaffirme l’importance du non brassage et en tire les légitimes conclusion : il n’est pas possible de répartir des élèves dans d’autres classes, pas même pour quelques heures. La Foire Aux Questions est fort heureusement sans ambiguïté sur ce sujet (page 7, voir doc joint ou sur education.gouv.fr) :

Dans les écoles, lorsqu’un enseignant absent ne peut, malgré le renforcement des moyens de remplacement, être immédiatement remplacé, les élèves ne peuvent en aucun cas être répartis dans les autres classes. L’accueil des élèves est alors suspendu dans l’attente de l’arrivée du professeur remplaçant.

Aucune consigne d’IEN ne pourra donc aller à l’encontre de cela ! A l’Education Nationale d’assurer dans les temps les remplacements pour éviter que de telles situations, évidemment très gênantes pour les familles et les élèves, ne puissent se présenter.

Informez-nous rapidement de toutes difficultés dans ce domaine : snu54@snuipp.fr

- renforcement des règles d’aération des locaux.

Car cette aération, comme l’ont démontré de nombreux·ses scientifiques (notamment lors d’un de nos colloques en ligne en novembre dernier), est la clé pour éviter les transmissions du virus. C’est d’ailleurs bien pour cela que les contaminations en extérieur sont quasi inexistantes.

A l’école, il est donc désormais obligatoire d’organiser l’aération des locaux :

  • 15 minutes avant les arrivées des élèves, aux récréations et le soir lors du nettoyage des locaux. Évidemment, nul ne dit qui doit s’en charger... donc devinez quoi ? Et bien ce sont bien sûr les enseignant.es qui devront s’y coller en l’absence de personnels de service ou d’ATSEM. Bon, une nouvelle mission périphérique, mais pour le bien de toutes et tous.
  • au moins quelques minutes toutes les heures. Les scientifiques (et les écoles allemandes) préconisent même un rythme approximatif de 3 minutes toutes les 20-30 minutes. L’idéal serait que les classes soient équipées de capteurs de CO2, comme nous l’avons encore dit et répété dans les CHSCT... Mais encore une fois, l’Education Nationale, bien qu’elle reconnaisse la justesse de la proposition, n’est pas prête à y mettre les moyens et renvoie donc vers les collectivités locales... et vers les grandes inégalités territoriales que nous connaissons.

Une nouvelle fiche repère a été créée par le ministère : ICI

- les enfants des personnels enseignants prioritaires pour l’accueil en présentiel dans les collèges

Le dispositif d’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire est maintenu pour les collégiens de moins de 16 ans jusqu’au 2 mai 2021. Un accueil prioritaire sera donné aux enfants des personnels exerçant dans le 1er degré. Il n’est donc a priori pas possible de bénéficier d’une autorisation d’absence pour ce motif pour cette semaine.

Par contre, une ASA reste possible dans les cas de classes fermées pour cause de cas COVID (votre enfant étant alors considéré comme cas contact dès le premier cas positif signalé dans sa classe et isolé 7 jours).

- les tests passent enfin à la vitesse supérieure

Les campagnes de test salivaires (plutôt en élémentaire et maternelle) ou nasopharyngés (plutôt collège et lycées) doivent être renforcées dès cette semaine et prendre de l’ampleur dans les semaines à venir. Ces tests sont également proposés aux personnels.

A compter du 26 avril, des autotests seront déployés au sein des écoles et établissements scolaires au profit des personnels y travaillant (personnels relevant de l’éducation nationale et ATSEM). Les personnels pourront bénéficier de deux tests par semaine, à réaliser à domicile.

De grandes promesses, mais sans doute toujours pas à la hauteur des vrais besoins vu le nombre de tests disponibles pour les élèves. Espérons au moins que la logistique suivra un peu mieux cette fois-ci.

- mais toujours pas de vraie priorité à la vaccination des personnels des écoles !!!

Comme nous le demandons également depuis un bon moment, la vaccination des personnels serait la seule protection vraiment efficace pour les écoles face à ce virus, comme cela se fait dans de nombreux autres pays.

Malheureusement, même si le Ministère tente d’embrouiller tout le monde en prétendant accorder une priorité pour les personnels de plus de 55 ans, il ne s’agit que d’une fumisterie, puisqu’en réalité, tous les français de plus de 55 ans ont désormais accès à cette vaccination. Il n’y a donc toujours aucune priorité particulière pour les personnels des écoles, et en particulier pas pour les moins de 55 ans...

- la valse de l’EPS... de nouveau interdite en intérieur !

Un pas en avant... et l’EPS est donc de nouveau interdite à la pratique en intérieur, même pour les activités dites de "basse intensité". Cela inclue aussi la piscine qui ne peut donc plus se faire.

Il reste heureusement possible de pratiquer en extérieur, si la météo le permet bien sûr.

- autres règles pour les personnels

  • Les personnels vulnérables peuvent évidemment rester en télétravail ou en ASA.
  • Pour les personnels dont les enfants en collège ou lycée reprendront en "hybride" la semaine prochaine... ne peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence qu’à titre dérogatoire, sur la base d’un examen de leur situation individuelle et en tenant compte des impératifs de continuité du service (autant dire qu’on ne peut guère compter dessus... ?).
  • Les personnels ayant pris des rendez-vous médicaux durant la période des congés applicable à leur zone et qui doivent, du fait de la modification des dates des vacances, reprendre leur activité peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence à titre dérogatoire, en tenant compte des impératifs de continuité du service.
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On le voit donc, si certaines avancées ont enfin été obtenues, à force de pression et de constance syndicale, nous restons encore assez éloigné·es d’un fonctionnement des écoles véritablement sécure par rapport aux risques de contamination. De plus, les questions pratiques sont légion face à ces annonces à mettre en place dès la reprise.

Pour tenter de se faire entendre sur ces points, le SNUipp-FSU a donc déposé une alerte sociale du 10 au 21 mai. Voici le courrier adressé au ministère :

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23-04-2021_courrier_men_dgrh_alerte_sociale

Alors continuons à peser en exigeant collectivement d’obtenir les conditions de sécurisation des écoles et établissements scolaires : moyens humains, amélioration de la politique de tests, équipement des locaux en détecteurs de CO2, fourniture de masques chirurgicaux et vaccination des personnels volontaires.

N’hésitez pas à signer la pétition intersyndicale pour nous aider :

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