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23 mars 2021

Organisation des tests salivaires dans les écoles

A l’occasion du CTSD 2nd degré de ce 19 mars, le DASEN a présenté les détails de l’organisation des campagnes de tests salivaires dans les écoles du département.

Suite aux annonces gouvernementales et à la demande expresse du Ministère durant la seconde semaine des vacances d’hiver (pour notre zone), la DSDEN a donc dû, dans l’urgence, organiser de A à Z et du jour au lendemain le déploiement des campagnes de tests salivaires COVID dans les écoles.

Une première opération a donc été menée à Mont Saint Martin dès le 8 mars, jour de rentrée, nécessitant un important travail de contact avec les familles pendant les congés scolaires. Le DASEN lui-même considérait cette opération comme une "répétition" et relevait principalement d’un objectif de "communication". Depuis, le dispositif s’est étendu petit à petit à tout le département.

des "Médiateurs Lutte Anti COVID" pour assurer les prélèvements

Pour réaliser ces opérations, la DSDEN a recruté auprès de Pôle Emploi, puis formé, des "Médiateurs Lutte Anti COVID". Ils sont désormais répartis en 4 équipes de 4 agents (deux équipes pour le "Nord" du département et 2 pour le "Sud").

l’organisation des tests

Ces agents sont donc chargés des opérations de tests, sous l’autorité d’une infirmière scolaire et d’un représentant du laboratoire d’analyses médicales qui fournit et traite ensuite les tests. En Meurthe et Moselle, le "marché" est partagé entre 5 laboratoires choisis par le Ministère et l’Agence Régionale de Santé. Ce sont donc ces personnels qui sont chargés des prélèvements et de toutes les manipulations des échantillons qui sont ensuite récupérés et traités par un laboratoire.

Il reste toutefois aux enseignant.es et directeurs.trices la lourde tâche d’informer les familles, de distribuer et recueillir les autorisations et questionnaires, trouver une salle, l’aménager et organiser sa désinfection (en lien avec la Mairie et l’IEN)... et accompagner les élèves jusqu’au prélèvement.

On pourra remarquer également que les MLAC qui assurent ces tests sont "équipés de protections complètes" : masques, évidemment, visières, blouses à usage unique, gants, etc.... Se pourrait-il qu’il y ait un risque de contamination par les élèves ??? Et alors pourquoi tous les autres personnels des écoles, exposés au quotidien et sur l’ensemble de leur temps de travail doivent-ils se contenter du strict minimum "masque grand public" ?

Comme indiqué par le Premier Ministre, ces tests sont supposés être également proposés aux personnels volontaires.. ET c’est effectivement le cas la plupart du temps. Toutefois, bien que l’opération soit organisées par notre employeur, il est apparu qu’en réalité leur financement est entièrement assuré par la Sécurité Sociale, comme n’importe quelle analyse médicale que nous pourrions réaliser individuellement... En conséquences, ce test occasionne donc l’application de la "franchise médicale" qui est de 1 euro en l’occurrence (et récupérée par la sécurité sociale sur vos remboursements de frais médicaux). Sous la pression des syndicats, le Ministère étudie actuellement une éventuelle "compensation"... A suivre.

Le choix des écoles

Départementalement, c’est l’Agence Régionale de Santé qui décide et indique à la DSDEN les zones à tester, sur la base des indicateurs en sa possession sur la diffusion du virus. Depuis la rentrée, les zones les plus en tensions sont le Nord du département (notamment les zones les plus limitrophes avec la Moselle) et la Métropole du Grand Nancy ; ce sont donc là que les tests ont été le plus déployés pour le moment. Une fois la zone de test "choisie", une cellule interne de la DSDEN se charge d’organiser l’opération locale (contacts avec les IEN, les écoles, les communes, le laboratoire et l’équipe MLAC concernés, etc.).

Comme l’explique M. le DASEN, "impossible de tester toutes les écoles" et nombre d’entre elles ne seront donc jamais concernées par ces opérations...

On notera que tout cet énorme travail repose sur des personnels de la DSDEN dont ce ne sont à l’origine absolument pas les missions. "Il a fallu s’inventer de nouveaux métiers" et subir d’intenses pressions et charges de travail. Et l’on peut évidemment s’interroger sur ce que deviennent leurs missions "normales" pendant ce temps là ?

une expérimentation : les prélèvements réalisés par les parents

Evidemment, pour les élèves de maternelle, même ces prélèvements salivaires "non-intrusifs" restent compliqués à réaliser par des inconnus. Pour tenter d’y remédier (et soulager les équipes de test ?), une autre expérimentation est en cours : proposer aux parents de réaliser les prélèvements salivaires à la maison, juste avant de venir à l’école et de les y déposer. Les échantillons sont ensuite récupérés par le laboratoire dans la matinée pour analyses. Pour faciliter l’opération, un "mode d’emploi", accompagné de consignes en images est remis aux familles avec le kit de prélèvement.

Pour quels résultats ?

La DSEN "se félicite" du succès de ces opérations de tests auprès des familles qui acceptent beaucoup plus volontiers de faire tester leurs enfants par cette méthode, en tous cas comparativement aux anciens tests PCR rhino-pharyngés qui étaient organisés jusque là (et qui perdurent dans le second degré au moins). Toutefois, il reste qu’à ce jour, sous couvert de "secret médical", les résultats de ces tests ne sont pas communiqués, ni aux écoles concernées, ni aux représentants des personnels. Toutefois, le problème semble aller bien au-delà puisque pour le moment, même le Médecin Conseiller Technique départemental ne semble pouvoir accéder à ces informations.

On peut évidemment comprendre que les informations personnelles, individuelles de chaque élève soient protégées, mais comment justifier qu’on ne soit pas informés des éventuels cas positifs dans telle école et dans telle classe ? Car alors, comment mettre en œuvre de véritables mesures de protection des enfants, des personnels et de leurs familles ?

D’autre part, quelle est l’efficacité de ces opérations de tests extrêmement localisées, éminemment ponctuelles et réalisées uniquement sur la base du volontariat ? Car, comme par exemple en Autriche, seule une généralisation de ces tests à l’entrée des écoles et de façon a minima hebdomadaire serait réellement à même d’offrir une véritable protection en permettant de repérer les cas asymptomatiques avant qu’ils ne soient en contact avec tous les autres élèves. Et à l’heure actuelle, on est bien bien loin de l’objectif des 300.000 tests salivaires par semaine affiché par M. Blanquer (moins de 75000 la semaine dernière à l’échelle nationale, soit moins de 1% des élèves).

De l’aveu même du Ministère, ces opérations ne visent donc pas "à freiner l’épidémie", mais de "faire des études pour savoir comment le virus de diffuse". Mais là encore, l’organisation actuelle des tests ne le permet absolument pas...

Alors... Ces tests, si coûteux en moyens matériels et humains, ne seraient-ils qu’une nouvelle vaste opération de COMMUNICATION au service du Ministère et du gouvernement ? Non, impensable !

 

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