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Le PAP fera-t-il des miracles ?
samedi, 2 mai 2015
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La loi de refondation de l’école a introduit le principe d’un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) qui s’adresse aux élèves « dont les difficultés scolaires résultent d’un trouble des apprentissages ». La circulaire d’application, parue au BO du 29 janvier dernier, précise que les élèves concernés sont « ceux pour lesquels ni le PPRE*, ni le PAI** ne constituent une réponse adaptée, et dont la famille n’a pas fait le choix de recourir à la MDPH pour l’élaboration d’un PPS*** ». Révisé tous les ans, le PAP émane du conseil de maîtres ou de la famille elle-même. Les troubles doivent être constatés par un médecin puis le médecin scolaire donne un avis sur la mise en place du PAP. Le plan est ensuite élaboré par l’équipe pédagogique, qui associe la famille et les professionnels concernés. Puis il est soumis à la famille et présenté à l’élève concerné avant sa mise en œuvre.

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*Programme personnalisé de réussite éducative **Projet d’accueil individualisé ***Projet personnalisé de scolarisation

C’est dans un contexte de conditions de travail et d’enseignement dégradées et de moyens de RASED insuffisants réduisant les possibilités d’aide interne à l’école et pouvant conduire à la recherche de solutions médicalisant et externalisant la difficulté scolaire, que le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) se met en place. Il se présente comme un moyen d’éviter le recours systématique à la MDPH ou à d’autres dispositifs non adaptés (PAI « dys »...) pour les élèves qui ont des troubles des apprentissages. Le SNUipp-FSU considère que le PAP n’est pas la réponse appropriée. Il revendique une formation des enseignant-es sur les modalités de différenciation et les pratiques en direction des élèves les plus fragiles ainsi que les moyens nécessaires au fonctionnement des RASED et à la prise en charge des élèves en difficulté. Le PAP ne doit pas isoler les enseignant-es et représenter une charge de travail supplémentaire. Le recours à la MDPH doit rester possible pour les familles qui en font la demande. Le SNUipp-FSU demandera qu’un bilan soit fait de la mise en œuvre de ce dispositif, notamment au regard de la charge de travail des personnels et des risques de dérives possibles. Pour le SNUipp-FSU, la réflexion sur l’émergence et la multiplication des « dys » et la sur-médicalisation de l’échec scolaire n’est pas terminée et doit se poursuivre, de même que sur l’approche pédagogique de ces « troubles » pour éviter toute uniformisation.

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