www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 54

Vous êtes actuellement : Le syndicat : dossiers  / Les campagnes  / Les campagnes  / Rythmes scolaires et APC 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
26 juin 2009

Le SNUipp réfléchit aux rythmes de l’enfant en congrès pédagogique

Le SNUipp a organisé un congrès pédagogique le 9 juin sur les rythmes scolaires, en présence de Claire Lecomte, professeur de psychologie à l’université de Lille III.
Synthèse de l’intervention de Claire Lecomte par Vincent Birckel.

Claire LECONTE Objet : Comment organiser les temps de vie de l’enfant en fonction de ce qu’on connaît de ses rythmes de vie ?

Préambule : l’école ne représente qu’une partie des temps de vie de l’enfant. La réponse à la question nécessite donc évidemment qu’on se préoccupe aussi de ce qui se passe à l’extérieur de l’école.

Dans le contexte général qui est celui de l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services, signé pour mémoire en 99 par Jospin et Chirac), le gouvernement profite d’ailleurs de la multiplicité des intervenants éducatifs pour organiser la vente de « services » aux « usagers » : casse de la maternelle et du développement de l’enfant qui y est associé au profit de jardins d’éveil vendus clés en main par des organismes privés, accompagnement éducatif, coaching parental...

Ceci dit, ni la mise en oeuvre de l’école obligatoire, ni la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la coupure du jeudi puis du mercredi, pas plus que les vacances scolaires ou les zonages n’ont cherché à répondre aux impératifs liés aux rythmes de vie des enfants. Le seul projet qui s’en approche est celui décrit dans le plan Langevin-Wallon (1946) Ceci dit aussi, aucun pays n’a jamais inventé pire organisation de la semaine que celle qui a cours actuellement en France !

La problématique reste donc entière de réfléchir à l’organisation de temps de vie qui puissent permettre la synchronisation de nos horloges biologiques et en particulier celles des enfants (cf encadré)

Une solution, bien qu’imparfaite, consisterait à éviter les ruptures de rythmes, et tiendrait à une organisation de la semaine qui comprendrait 5 jours équitablement répartis. Les questions se posent immédiatement :
- de l’adéquation avec les temps de travail des parents
- de la nécessité d’un cadrage national qui permette que cette organisation ne dépende pas seulement des choix politiques et économiques locaux.
Une autre difficulté et non la moindre réside aussi sans doute en la résistance de la part même des enseignants. Engager ce débat, c’est souvent ramer à contre-courant !

Sans attendre de réponse à ces questions complexes, toutes les expériences établies localement en concertation avec les différents acteurs (parents, élus, associations complémentaires...) sont à multiplier, à analyser et à valoriser.

Ce sont les équipes pédagogiques qui doivent être les moteurs de cette réflexion avec les différents acteurs, et à nous d’organiser syndicalement les convergences avec ceux qui travaillent autour d’un mieux-vivre de l’enfant : s’appuyer sur les publications scientifiques, travail avec les mouvements pédagogiques, les architectes auteurs des différents ieux de vie (et en particulier des écoles), les mouvements d’éducation populaire, les élus, et bien sûr les parents !

Et si on commençait par en débattre dans nos conseils d’école ?


Synchroniser nos horloges biologiques

Quel que soit notre âge, nous sommes tous soumis à la difficulté de cette synchronisation dans nos modes de vie. Il nous faut en effet marier 3 types de période :
- le rythme circadien (environ 24 heures) : interactions veille/sommeil, variation de la température de notre corps, de nos systèmes hormonaux... Il faut en effet de 48 heures à plus de 3 semaines pour « récupérer » un équilibre en cas de rupture !
- le rythme infradien (> 24 heures) : horloge mensuelle chez la femme, qui joue notamment sur l’humeur, mais aussi les saisons qui de par les différences de lumière qu’elles recouvrent, jouent aussi sur notre équilibre
- le rythme ultradien (< 24 heures) : respiration, rythme cardiaque, et surtout rythme du sommeil, qui s’opère par cycles successifs d’environ 90 minutes, le premier et le dernier étant les plus importants ; le premier parce qu’il comprend la plus grande proportion du stade de sommeil profond, facteur de récupération physique et de la croissance ; le dernier parce qu’il contient la plus forte proportion du stade de sommeil paradoxal, facteur de mémorisation

A savoir, entre autres :

- en cas de sommeil écourté, le cerveau réduit le nombre de cycles et en priorité la phase de sommeil profond
- la sieste n’a rien à voir avec la digestion ; elle est située au milieu du rythme circadien, et cette période est marquée par une baisse vigilance
- la reprise d’attention en fin d’après-midi mise en avant parfois ne concerne que les adultes
- un enfant qui sort de récréation en état de surexcitation reviendra en classe surexcité : le « défoulement » est un leurre
- moins on dort, plus on a de risque d’obésité
- les écrans (TV, vidéo,...) sont néfastes avant d’aller se coucher : la lumière qu’ils dispensent affaiblit la qualité de l’ensommeillement
- la rupture du mercredi (et a fortiori celle du week end) n’est pas utile aux enfants, au contraire : elle représente une rupture des rythmes que le corps aura à resynchroniser

 

17 visiteurs en ce moment

*Top 51 rue de Metz
54000 NANCY
Tel : 03.83.95.12.02
Mail : snu54@snuipp.fr
Facebook : Snuipp.meurtheetmoselle
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 54, tous droits réservés.