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15 juin 2007

« Le Q.I. n’est ni une fatalité, ni un destin »

Un texte pétition, « des psychologues s’inquiètent sur le Q.I. et certains de ses usages », dénonce un commerce de l’intelligence et les dérives dues à la recherche de performances et au sur-investissement des familles. Retour sur ce qui n’est qu’un outil de travail parmi d’autres. La possibilité de mesurer l’intelligence des personnes comme on mesure la taille ou le poids est séduisante pour les institutions et le pouvoir politique, soucieux de rationaliser les réponses sociales sur des bases quantitatives.

En 1905 Alfred Binet a posé les premiers jalons d’une mesure de l’âge mental : un rapport entre l’âge réel d’un enfant et les acquisitions scolaires attendues. Puis l’idée se développe aux Etats-Unis pour étudier et classer les populations... Cette mesure globale de l’intelligence - dont on pense à l’époque qu’elle est fixe, irréversible, biologiquement déterminée - revient en France après la guerre et sert de base aux recherches menées par André Zazzo, fondateur de la psychologie scolaire, sur la débilité mentale, notion dont l’école va rapidement s’emparer : les débiles mentaux légers (entre 75 et 90 de QI) seront orientés en classe de perfectionnement, en dessous de 75, en établissements spécialisés. Mais à partir de 1964 on s’aperçoit que des jeunes considérés comme normaux sont en difficulté à l’école. Des sociologues (Baudelot, Establet, Bourdieu) démontrent que la débilité mentale touche beaucoup plus les enfants d’ouvriers. Et des psychanalystes (Mannoni, Dolto) constatent que des enfants retrouvent un QI supérieur après des soins de type psychothérapeutique.

Le QI est donc évolutif, déterminé socialement et aussi en lien avec l’environnement scolaire. En 1988 la déficience mentale légère est redéfinie par un Q.I. entre 50 et 69. Même s’il est établi que les examens ne peuvent se limiter à un simple chiffrage, les instances administratives restent tentées d’utiliser le Q.I. comme un outil de classification (orientation, demandes MDPH...). Par ailleurs il est revendiqué pour faire valoir des performances et les professionnels de la psychologie s’insurgent sur ces usages largement médiatisés du Q.I. Les services médicaux sont envahis de parents venus faire tester leur enfant, généralement en échec scolaire, mais qu’un « surdon » pourrait expliquer. « Hélas ! S’il m’est arrivé de découvrir ainsi des enfants très doués, c’est loin d’être la majorité des cas ! » souligne Claire Meljac, psychologue à l’Hôpital Sainte-Anne, tout en s’indignant : « Quelle horrible idéologie sous-jacente et, surtout, quel préjudice pour certains enfants ! ».

Ces dérives ne doivent pas décrédibiliser le Q.I.. Soumis à une interprétation (conditions de passation, contexte affectif, variabilité... ), cet outil donne aussi des repères utiles pour déterminer le « profil cognitif » d’un enfant. Il permet de travailler sur son potentiel, son rapport au savoir, ses perspectives de changements.


Leur avis

- ROBERT VOYAZOPOULOS psychologue à l’EN, enseignant à l’université ParisV « Une discipline ne peut pas reposer uniquement sur l’écoute et l’observation du sujet. Elle doit rechercher le maximum d’objectivation grâce à des outils de mesure et des modèles de référence. Même relative, la donnée du Q.I. est donc la moins subjective et aléatoire qui soit...à condition d’être interprétée et replacée dans un contexte psychologique global. Livrer un tel chiffre nu aux parents ou aux institutions est à la fois absurde, dangereux et dénué de sens »

- ALBERT JACQUARD généticien et écrivain « Je m’insurge contre le calcul du Q.I. L’intelligence ne se gradue pas. Elle a de multiples facettes, parmi lesquelles la capacité à imaginer, à s’intéresser... »

- CHRISTINE ARBISIO psychologue clinicienne « On parle de l’enfant-roi ? Moi, je vois surtout des enfants surstimulés, priés de gratifier narcissiquement leurs parents. La quête du Q.I. n’est qu’un symptôme de cette société dingue de performances »

- LE WISC 4 Ce test, « Weschler intelligence scale for children », créé en 1939, est régulièrement révisé. La version de 2005 rompt avec la dichotomie entre verbal et performance pour adopter un modèle multifactoriel en quatre parties : compréhension verbale, raisonnement perceptif, mémoire de travail, vitesse de traitement

 

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