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12 janvier 2007

INSPECTION : Juger n’est pas former

On aura beau chercher, il reste difficile de trouver des enseignants satisfaits de leur(s) inspection(s)
"En une heure, un observateur ne peut pas tout voir. "
" Même quand ça se passe bien on le vit comme un jugement. "
" Plus on vieillit, plus on trouve ça désagréable. "
" Je refuse de céder aux consignes qui tombent sans souci de la réalité. ".

De la " toute première fois " aux collègues plus aguerris à cet exercice en raison de leur ancienneté, les profs ont bien du mal à faire avec l’inspection. Au premier abord les textes datant de 1983 réactualisés en 1984, semblent plutôt faits pour venir en aide aux enseignants, pour répondre à un objectif de formation. Mais dans la pratique, c’est plutôt la logique de notation qui prédomine. Malgré les cadrages opérés par les grilles départementales de notation, elle reste considérée comme une épée de Damoclès. Raison pour laquelle le SNUipp se prononce pour une disparition de la note dans les barèmes, ce qui permettrait une évaluation plus formative.

Les textes stipulent que " la visite d’établissements et de classes sans notation est recommandée avant les inspections individuelles. Elle donne lieu à une observation préalable des conditions d’exercice de la fonction enseignante, compte tenu de l’environnement socioculturel, du cursus scolaire des élèves et du projet de l’établissement ". Beau texte, mais que ceux qui ont réellement été confrontés à ce type de pratique lèvent le doigt ! Toutes les visites des inspecteurs doivent être annoncées, l’inspection individuelle comprend un entretien avec l’enseignant et l’équipe pédagogique, le rapport peut donner lieu à des observations de l’intéressé, les notes doivent avoir été harmonisées au niveau national, en cas de baisse de la note une nouvelle inspection peut être organisée dans des délais rapprochés. Toutes ces préconisations sont loin d’être respectées, notamment celles qui impliquent du temps, de la concertation. Sans doute faut-il voir là les sources d’un certain malaise, mais pas seulement. Selon Dominique Senore, IEN, il y a à la fois des raisons d’ordre relationnel entre inspecteurs et inspectés et des motifs liés aux conditions de réalisation des inspections. Dans son ouvrage consacré à cette question, Dominique Senore identifie quatre problèmes. Tout d’abord, il estime que " le rapport inspecteur-inspecté est un rapport de pouvoir ". Il avance en second lieu que " le champ est laissé libre à l’arbitraire du visiteur, dont la subjectivité ne rencontre aucun garde- fou". Une analyse que l’on retrouve dans la plupart des témoignages d’enseignants pour lesquels l’idée de " subjectivité " reste très forte.

Troisième et quatrième points, " le temps d’observation et d’analyse et beaucoup trop bref " et, " l’enseignant est observé dans des conditions tout à fait artificielles ". Le point de vue est étayé par une étude sur l’évaluation des enseignants publiée en 2003 par le Haut Conseil de l’Evaluation de l’Ecole. Plusieurs idées sont à retenir. En raison de cette subjectivité il y a peu d’équité d’une inspection à l’autre. La pilule a d’autant plus de mal à passer que la note peut avoir des conséquences sur le déroulement de carrière, sur le salaire, sur les affectations de poste, autant d’éléments qui dans la vie professionnelle ne souffrent guère l’a peu près ou l’arbitraire.

Selon le rapport du Haut Conseil à l’évaluation de l’école toujours, des différences sont à noter en fonction des lieux des inspections et des personnes inspectées. Les enseignants, souvent, ont un sentiment d’impréparation. L’inspecteur ne prend quasiment jamais la peine de dire de manière explicite ce qu’il attend de l’inspection. Et puis surtout, et c’est sans doute là qu’un retour à l’esprit des textes est des plus nécessaires : l’inspection est peu voire pas efficace. Quelle incidence sur les pratiques des enseignants ? Quelle prise en compte du travail des équipes ? Quelle traduction en termes d’amélioration du taux de réussite scolaire des élèves ? Ces questions restent sans vraies réponses et les aberrations perdurent. C’est ainsi que dans un arrêt rendu le 8 avril dernier, la cour administrative d’appel de Nancy a jugé que l’inspection d’un enseignant réalisée en son absence pour raison de santé en juin 1998 dans le Jura, était... légale. Sans doute faut-il donc commencer par appliquer les textes dans toute leur dimension, mais peut-être faut-il aussi s’interroger sur le sens de l’inspection et son utilité. Dans le département des Hautes-Alpes, une expérience tout à fait novatrice a été conduite ces dernières années. L’inspection a été remplacée par un accompagnement pédagogique des équipes d’école, supprimant la note et favorisant une réelle démarche active de formation. Une pratique qui demande beaucoup d’investissement de la part des inspecteurs et des inspectés, une volonté de dialogue, au point que l’IA pourrait la remettre en cause. Mais quand on écoute les enseignants, ça marche !

 

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