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2 juillet 2020

Généralisation des Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés

L’organisation de l’accompagnement des élèves en situation de handicap dans le cadre de pôles locaux, plus connus sous l’appellation "PIAL", devient donc dès la rentrée la règle pour toutes les écoles... Quelles conséquences et quels risques ?

Créés en 2019, le PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisés)était présenté comme une nouvelle forme d’organisation de l’inclusion et de l’accompagnement des élèves notifiés MDPH. Regroupant plusieurs écoles et/ou établissements, il entraînait aussi une réorganisation du travail des AESH qui devait permettre de mieux répartir et coordonner leurs interventions en fonction des besoins et des emplois du temps des élèves concernés.

A titre expérimental, dès la rentrée 2019, la DSDEN 54 avait donc mis en place 29 PIAL sur la Meurthe et Moselle ; la plupart étaient "interdegré" (recouvrant alors en général un collège et ses écoles de rattachement) et quelques-uns uniquement 1er ou 2nd degré.

Dès cette rentrée 2020, le dispositif est déployé sur l’ensemble du département au travers de 61 PIAL qui couvriront tous les établissements scolaires du 1er et du second degré. Tous les pôles concernant des écoles seront "interdegré" et théoriquement sur la base du collège de secteur et des écoles de rattachement. Un PIAL interdegré est "piloté" par le chef d’établissement et l’IEN de la circonscription. Un.e "coordinateur.trice" est également désigné pour chaque PIAL ; il est chargé d’organiser la répartition des heures d’accompagnement, donc des "emplois du temps" de toutes les AESH du pôle. Enfin, des AESH référents, au nombre de 25 pour tout le département, suivent chacun plusieurs PIAL (jusqu’à 5 !!!) ; leur mission est de conseiller et accompagner les AESH pour le suivi des élèves, notamment lorsqu’il y a des difficultés. Ce sont les seul.es AESH qui bénéficient effectivement d’un contrat à temps plein (35h sur 42 semaines) mais leur temps de travail reste partagé entre ces fonctions de référent et des missions plus classique d’accompagnement d’élèves MDPH.

Quelles conséquences sur le terrain ?

Les PIAL nous étaient donc présentés comme un véritable progrès, voire une panacée, tant pour les AESH que pour les élèves...

Pourtant, dès les premières annonces, le SNUipp-FSU 54 et ses partenaires du collectif intersyndical AESH (SUD et CGT) avaient alerté l’administration sur les risques et dérives probables... Et malheureusement, les problèmes que nous anticipions n’ont pas manqué de se faire jour cette année et seront donc désormais partagés par toute la communauté éducative dès l’année prochaine.

Tout d’abord, pour les AESH, ces PIAL auraient dû être l’occasion d’augmenter leurs quotités de travail, c’est-à-dire leurs nombre d’heures d’accompagnement. Cela a plus ou moins été le cas pour un certain nombre d’entre elles.eux cette année : presque tou.tes les AESH de PIAL intervenant dans le second degré ont bénéficié de contrats à 24 heures hebdomadaires, et 20 heures dans le premier degré. Pour ces personnels, il s’agit d’une forte attente car la plupart subissent ces temps partiels imposés et leurs conséquences financières : rémunérés au SMIC horaires, la grande majorité des AESH ne gagnent concrètement qu’entre 600 et 900 euros nets par mois (ce qui oblige beaucoup d’entre elles.eux à cumuler leurs missions avec d’autres activités professionnelles) ! Le passage à 20 ou 24 h représente donc un progrès pour certain.es qui pouvaient parfois subir des temps encore plus partiels (18h par exemple), mais cela reste des temps partiels subis représentant au mieux 80% d’un temps complet. Certes, encore, quelques élu.es qui occupent des missions d’AESH référents peuvent enfin bénéficier de contrats à "temps plein" annuel, mais ils sont extrêmement peu nombreux.ses et doivent assumer des missions très particulières et complexes ! De plus, il semble que cette augmentation générale des quotités de travail des AESH ne sera pas forcément appliquée l’an prochain, malgré la généralisation des PIAL.

Plus grave, le principe du PIAL est de s’organiser localement pour assurer tous les besoins "à moyens constants". Ainsi, cette année, les PIAL n’ont donc pas embauché de nouveaux.elles AESH au cours de l’année, même lorsque de nouveaux élèves notifiés arrivaient. Chaque nouvelle notification ou AESH entraînait donc une réorganisation des emplois du temps des accompagnant.es pour intégrer ce nouveau besoin. Chacun.e était donc potentiellement amené à changer "en cours de route" et à se partager les suivis d’élèves sur tous les établissements du PIAL. Il s’agit bien là d’une demande de flexibilité très importante pour les AESH. Or, à ce jour, le Ministère n’a annoncé aucune nouvelle autorisation d’embauche d’AESH pour la rentrée prochaine ; le "partage" sera donc encore plus important.

L’autre conséquence de ce "partage" est bien évident du côté des élèves : chaque nouveau besoin devant être couvert par le même nombre d’accompagnants, le nombre d’heures d’accompagnement pour chaque élève est susceptible de baisser à chaque arrivée (cela s’est confirmé dans la plupart des PIAL cette année) ! Le "taux de mutualisation" des AESH, c’est à dire le nombre moyen d’élèves à accompagner par AESH est fixé par le ministère à plus de 5 !!! pour définir les nombre d’embauches. Les PIAL servent donc surtout à "gérer la misère" et l’absence d’embauche : les AESH doivent accompagner de plus en plus d’élèves "en parallèle" et chaque élève bénéficie donc d’un accompagnement le plus souvent "mutualisé" et d’un nombre d’heures parfois ne chute libre

 

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