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22 mars 2020

Crise sanitaire : des réponses de l’administration, l’analyse du SNUipp-FSU 54

Les questions et inquiétudes se sont multipliées à juste titre. Voici des pistes de réponse, dont la première est "restons chez nous" !

Isolé.es dans notre confinement, nous avons plus que jamais besoin de garder allumée la flamme du collectif. Partageons nos difficultés, nos satisfactions, nos idées, nos interrogations et indignations. Le SNUipp-FSU veille à faire vivre ce collectif en recueillant vos remontées et questions, en en débattant, en interpellant la hiérarchie, puis en vous transmettant les infos et analyses.

Beaucoup de choses nous questionnent et nous inquiètent. Nous souhaitons ici les partager avec vous.

Injonctions, consignes et communication :

L’impréparation du Ministère et de l’administration est flagrante. Il y a eu et il y a encore des injonctions divergentes voire contradictoires selon les niveaux de hiérarchie, le primaire et le secondaire, mais aussi selon les circonscriptions, avec des IEN plus ou moins zélés et pressurant.

Le SNUipp-FSU 54 a été réactif dès le début pour interpeller à tous les niveaux sur ces problèmes et exiger des réponses à même de protéger les collègues. Il est donc important que vous restiez vigilant.es sur les consignes et demandes que vous recevez et que vous continuiez à nous faire des remontées (pressions IEN, conditions de télétravail, difficultés rencontrées, demandes de tableaux, accueils enfants soignants,…). De même, transmettez ce qui arrive dans les écoles venant du privé (entreprises, organismes…) qui en profite pour proposer des outils et services pour se faire une place.

Au sommet, la communication de J.M. Blanquer est catastrophique. Affirmation que les écoles ne seraient pas fermées, puis qu’elles le seraient mais que les enseignant.es devaient y être, affirmation que l’éducation nationale était prête à la continuité pédagogique, « annonces » sur la réduction des vacances hors de propos, … Jusqu’à des remerciements envoyés uniquement aux directeurs.trices, alors que chaque enseignant.e est sur le pont. Le ministre devra rendre des comptes sur cette gestion de crise déplorable.

« Continuité pédagogique »

Le constat est sans appel : les outils institutionnels ne fonctionnent pas bien. De plus, de nombreux collègues ne sont pas formé.es, n’ont pas le matériel, la connexion suffisante… La « continuité pédagogique » est un leurre et un danger, malgré toute la bonne volonté des enseignant.es. Des élèves vont forcément pâtir de cette « école à la maison » qui ne peut que creuser les inégalités à cause du manque d’équipement de certaines familles ou de leur manque de moyens pour accompagner leur enfant. Il est inconcevable de mener de nouveaux apprentissages dans ce cadre et les consignes officielles le rappellent.

Il paraît essentiel de déculpabiliser les familles et les enseignant.es. De l’aveu même de certains responsables ou administratifs, la continuité pédagogique est en réalité impossible, ce qui compte avant tout, c’est de maintenir du lien, des contacts et rassurer.

Concernant les points relais pour donner des fiches papiers : l’IA a écrit que ce n’était plus à l’ordre du jour. Il faut vraiment garder à l’esprit que chaque contact et déplacement engendre des risques, et que ce sont les familles les plus défavorisées que nous exposons ainsi au virus. Sur l’utilisation des réseaux sociaux pour communiquer avec les élèves, le recteur a rappelé que cela était illégal car interdit par le règlement RGPD (protection des données personnelles).

Enfin, n’hésitons pas à nous projeter et envisager que J.M. Blanquer pourrait se saisir de la situation pour refonder le métier : investissement dans le numérique à la place de l’équipement de base des écoles et des créations de postes, développement de l’enseignement en distanciel, statut pour la direction d’école qui a été au premier plan…

Les instances de la carte scolaire et du mouvement :

L’élaboration de la carte scolaire (ouvertures et fermetures de postes) est le préalable à l’ouverture du mouvement. Ces opérations ont usuellement lieu en février mais il avait été décidé par le ministère d’attendre les résultats des élections municipales… Elles devaient donc commencer lundi 23.

Elles sont pour l’instant légèrement reportées et devraient être organisées en visio-conférence, ce qui pose de nombreux problèmes pour un vrai travail de représentant.es des personnels et permettre la défense des écoles et des postes. L’administration va-t-elle vraiment tenir compte des échanges ou juste enregistrer ses décisions ? Comment les communautés scolaires pourront-elles recevoir, partager et débattre les éventuelles ouvertures ou fermetures de classes et y réagir ? Rien n’est simple et les enjeux sont multiples…

Pour terminer, voici un extrait des dernières réponses (partielles) du recteur à nos (nombreuses) questions :

1.Concernant l’accueil des enfants de soignant.e.s, la protection des volontaires doit être garantie mais nous constatons une absence de cadrage et de mesures fortes.

Hygiène sanitaire :

Le Recteur a rappelé au préfet, aux communes, que les locaux devaient être nettoyés par elles, et que du savon et des serviettes devaient être mis à disposition. Pour les gants, il se réfère aux préconisations du ministère de la santé qui dit qu’il est nécessaire de les porter uniquement avec les malades et qu’il n’est pas sain de les avoir toute la journée sur soi. Les masques sont utiles pour les soignants avec des malades et aux malades dans leur environnement familial et dit que les policiers n’en n’ont pas. Avec le respect des gestes barrière, le lavage des mains, le respect des distances (ne pas se mettre à hauteur des jeunes enfants), le port du masque n’est pas utile. Il reconnait qu’il y a une priorisation très forte des masques et que nombre de professionnels qui pourraient en avoir besoin ne peuvent pas non plus en disposer. Le rectorat essaie d’avoir du gel, un département en aura demain (il n’a pas dit lequel). Il dit essayer de développer le gel pour augmenter la barrière.

Couverture :

Il est encore en attente du ministère pour plus d’éléments réglementaires. Les collègues volontaires auront une autorisation de circuler, vers leur école ou une autre. Pour la semaine, pour les mercredis, les samedis, les dimanches. Cette autorisation équivaut à un ordre de mission et reporte de fait la responsabilité sur l’employeur, donc le recteur. Cet accueil est basé sur le VOLONTARIAT, y compris les mercredis et les week-ends. Pour les samedis et les dimanches, les collectivités locales sont à la manœuvre avec les préfets. Il reconnait une maladresse dans la présentation des missions que les enseignant.es pourraient effectuer les mercredis / samedis / dimanches. Il ne s’agit pas de temps d’enseignement à proprement parler.

2. La continuité pédagogique pour les enfants allophones, et les enfants sans ordinateur ou imprimante :

L’enjeu est que cette période ne laisse aucun enfant au bord du chemin. Il adressera un nouveau message aux collègues particulièrement pour ces enfants. Les pistes pédagogiques sont traduites en 8 langues. Ils cherchent des solutions pour trouver des points relais pour la livraison de documents qui est très complexifiée (voire interdite) depuis le confinement. Mais il réfléchit plutôt à un système de livraison de copies/ photocopies et relevage des docs dans les zones blanches ou zones à forte population défavorisée.

3. Les réseaux informatiques :

Le rectorat, la région et le département tentent de résoudre ces problèmes de connexion et de réseau (prioriser des plages horaires, déconnexion automatique si inactif 20 min…).

4. Les personnels sous contrats :

Les AESH, les AED, les services civiques auront toujours leur contrat. Pour les autres les personnels qui arrivent bientôt en fin de contrat, il étudiera au cas par cas.

Ici, les réponses de l’IENA en date du 18 mars à d’autres questions (beaucoup de nos questions restent sans réponse) :

Que se passe-t-il si un.e PE décide de se rendre sur son lieu de travail à titre exceptionnel pour des besoins de continuité pédagogique ?

« Il peut s’y rendre. Il lui suffit de remplir le formulaire du ministère et de cocher la case 1 : déplacement entre le domicile et le lieu d’exercice.... Si cette activité est dans le cadre de son activité professionnelle il sera bien sûr en accident du travail. »

Les dates limites des demandes de temps partiels, congé formation, classe exceptionnelle et PAP sont-elles décalées ?

« Pour l’instant non. Rien n’empêche de faire ces demandes par mail. Mais si ce confinement dure tout cela sera évidemment décalé. Nous ferons au mieux dans l’intérêt de tous. »

Orientation et Affelnet : quelles consignes ont été données aux directeurs.trices ? Il semble que des personnels du rectorat leur propose de rencontrer les parents.

« Concernant affelnet nous avons demandé de dématérialiser autant que faire se peut. On peut également échanger par la poste. Le message du Président de la République est clair : tout ce qui peut se faire à distance doit se faire à distance. »

Pouvez-vous éclaircir les modalités de la fin de formation du CAPPEI ? Est-elle décalée ou remplacée par du distanciel ? L’examen est-il reporté ?

« Pour l’instant cette question certes se pose mais ce n’est pas la priorité nous verrons (…) La formation est pour l’instant suspendue. »

Le SNUipp-FSU 54 va continuer à poser des questions et demander des points d’information plus réguliers. Faites remonter les vôtres !

 

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