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17 mai 2011

1500 classes supprimées : Luc Chatel confirme

Luc Chatel, confirme la disparition programmée de 1500 classes maternelles et élémentaires à la rentrée prochaine et en relativise les conséquences. Le SNUipp lui confirme le rassemblement national de protestation, sous ses fenêtres, le 18 mai prochain.

Luc Chatel a annoncé mardi que ce sont bien ’’environ 1 500 classes’’ qui seront fermées dans les écoles maternelles et primaires à la rentrée 2011. Il vient ainsi, hélas, confirmer les chiffres dévoilés par le SNUipp la semaine dernière. 1500 classes rayées d’un trait de plume de la carte scolaire, c’est une première. Ces dernières années en effet, et malgré une augmentation régulière du nombre d’élèves depuis 2000, les inspecteurs d’académie avaient encore la possibilité de supprimer des postes sans que cela se voit immédiatement. (postes de remplaçants, de rased, d’enseignants de maternelle pour la scolarisation précoce, postes dédiés à la formation continue...) Toutes ces ressources, qui contribuaient pourtant elles aussi au bon fonctionnement de l’école, sont maintenant à peu près épuisées et il faut bien, aujourd’hui, fermer des classes et dégrader un peu plus les conditions d’enseignement.

Divisions aléatoires et stratégie du rétroviseur

Luc Chatel indique pourtant, droit dans ses bottes, qu’il y aura 25 élèves par classe en maternelle et 22 dans le primaire à la rentrée ! Pour un ministre qui voulait remettre le calcul mental à l’honneur, il devrait lui même revoir les fondamentaux de la division...ou alors expliquer précisément comment on peut faire baisser les effectifs des classes, quand en septembre prochain on accueillera 8300 élèves supplémentaires dans les écoles, tout en ayant supprimé 8967 postes d’enseignants. Les faits sont têtus : il y aura plus d’élèves dans les classes et moins de moyens pour venir en aide à ceux qui en auront besoin. La Cour des comptes, comme le centre d’analyses stratégiques, ont eu beau ces derniers mois alerter les autorités sur le sous investissement chronique dont souffre l’école primaire en France, rien n’y fait. Et le ministre de relativiser : il y a ’’plus de professeurs et moins d’élèves’’ qu’il y a quinze ans affirme-t-il, se gardant bien de préciser qu’il s’agit là, d’une estimation qui concerne le système éducatif dans sa globalité. En tout état de cause, regarder dans le rétroviseur ne peut décidément pas tenir lieu de politique éducative pour aujourd’hui et pour demain. Ce sont les enfants de 2011 qui sont dans les classes et c’est à eux que l’école doit être attentive.

Le 18 mai à Paris

Le ministre peut bien confondre les temps du passé avec ceux du présent, soustraire les choux des carottes - toutes choses vivement déconseillées par les professeurs - l’exercice a ses limites. Les enseignants des écoles, les parents d’élèves, les élus locaux ne sont pas dupes et la protestation se développe dans de nombreux départements. Le rendez-vous national du 18 mai à Paris sera un temps fort de la mobilisation pour rendre visible ce qui se passe partout en France et que le ministre tente, vainement, de mettre sous l’éteignoir.

 

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